Didon! chaque fois qu'il vous reste quelques thunes en poche après l'achat du "tapalappa", du bonga, du riz, du piment, de l'huile de palme sommeillant dans de la soude, du gombo, du soumbara, du sel et du sucre, du "quinquéliba" et après avoir assuré surtout la scolarité de vos enfants et leurs frais de transport, perdez un tout petit temps dans un des cybercafés du bled pour vous marrer un brin et pourquoi pas rire à gorge déployée.
ça dézingue carrément comme c'est permis sur le net. Qui pour clouer au pilori tous les emmerdeurs de Moïse Dadis Camara, le Pharaon du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD). Qui pour le porter au pinacle.
Paraît qu'aujourd'hui, aucun homme intelligent, honnête et patriote ne peut dire que la Guinée de 2003 est égale à celle d'y a deux mois." Holà ! En voilà un qui tourne encore casaque sans y mettre la manière, sans aucune finesse. Et pourtant, le 22 mai 2008, soit 7 mois avant la mort du dictateur Lansana Conté, il soutenait d'une voix de stentor sur les ondes de Africa N°1 ce même "aujourd'hui on se rend compte que Conté a de l'écoute pour son peuple."
Didon! Si on est ni intelligent ni honnête ni patriote l'on est forcément corniaud.
Afakoudou! Votre grincheux cabochard est alors un corniaud. Parce qu'il note aucun changement d'émancipation économique, social, scolaire et universitaire, politique et philosophique entre la Guinée de 2003 et celle "d'y a deux mois". Aucun. Sinon dites-nous lequel?
Il reste quand même un grand fait indiscutable: dans l'armée guinéenne, seuls le Pharaon et son truc-là qu'est le CNDD ont des couilles. Tous les autres truffions n'ont que des touffes de poils crasseux entre les cuisses. Le Pharaon et son CNDD ont vraiment eu des tripes de ramasser ce qu'ils gardent aujourd'hui. Néanmoins, même avec eux aussi, l'on ne va pas tout supporter, tout accepter, jusqu'au jour où ils pourront se montrer tels qu'ils sont exactement.
Ibrahima Ly, l'auteur de "Toiles d'araignées" martèle justement que "c'est là la base de toutes les dictatures, de toutes les oppressions." Déjà, il estimait que "Hier, ceux qui s'emparaient du pouvoir avaient une certaine instruction, aujourd'hui ils lisent en titubant sur certaines syllabes, demain ce sera le tour de ceux qui, comme lui, maîtrisent à peine l'accent français."
Bien sûr que l'intérêt de notre cafouillage dans le débat politique guinéen n'est pas de discuter de la maîtrise parfaite ou imparfaite de l'accent français par Moïse Dadis Camara et de son artillerie gouvernementale.
Hé! Y sabarri, du calme. Dans toute querelle politique, des "amis" se dézinguent. Avec une pincée de rancune peut-être dans le ton pour les narcissiques. Mais sans haine dans le palpitant pour les indépendants d'esprit.
Quittons le net, carrons-nous dans ce café et piaillons entre quatr'z'yeux. Le "porboulème" c'est qui va casquer? Vous! Woilà! Là ça délie le bavardage et c'est parti.
Le bled traverse depuis "hi ho ha" jusqu'à ce matin pile poil une mauvaise passe dans tous les domaines de la vie quotidienne des Guinéens. La rémanence de la misère des populations, la récurrence du chômage des jeunes, le désœuvrement des pères de familles face à la cherté de la vie, la montée toujours fulgurante de la criminalité, le développement de la prostitution et la propagation du sida continuent à sévir dangereusement dans tout le pays.
On ne sache pas que le Pharaon du CNDD soit en possession de potion magique pour régler tout ça. Diriger un Etat ne ressemble pas du tout à la gestion du carburant de l'armée guinéenne.
Le pays continue à aller très mal et a vraiment besoin de réformes pour sortir de l'ornière. Les populations guinéennes souffrent depuis 1958 jusqu'à cet instant précis.
Arrêtez votre cinéma! Des rabatteurs vous ont fait gober que le CNDD peut vous amener à supplanter Mme Kaba née Rougui Barry à la tête de son ministère de l'incompétence nationale. Mon vié! La nounou, elle, ne titube pas sur certaines syllabes, go! C'est haineux de comparer, dans vos cercles, la quantité et la qualité du jus contenu dans sa caboche par rapport à ce qui bouillonnait dans la tronche de Sékou Cherif, l'ex ministre de la gare voitures des avions de Labé. Trêve de plaisanteries.
L'impératif pour la Guinée c'est d'abord des sélections présidentielles démocratiques, plurielles, transparentes, et surtout nationales. L'on a besoin non pas d'un homme politique pur sang mais d'un individu qui possède les ressources intellectuels et qui sera capable avec une bonne dose de vertu républicaine de booster le patelin dans le sillage du développement et de l'émancipation.
La tenue de la présidentielle avant la faim de l'année serait salutaire pour tout le bled et même pourrait même contenter les diaspourris qui ont le mal du pays. C'est l'ultime voie pour abréger les souffrances des populations et stopper toutes tendances à jeter des grains de sable dans la machine du CNDD.
Victor Hugo le dit d'ailleurs :"Le suffrage universel a cela d'admirable qu'il dissout l'émeute dans son principe, et qu'en donnant le vote à l'insurrection, il lui ôte l'arme." La tenue de la présidentielle avant les législatives va alors être la soupape de sûreté qui empêchera le blocage du pouvoir.
Malheureusement paraît que le Pharaon du CNDD va tomber dans l'artifice des tartuffes politiques qui tromperont encore les Guinéennes et les Guinéens. Ces démagogues guerroient pour la mise sur pied presto de la marmite parlementaire avant toutes autres farces présidentielles. Ainsi eux et leurs familles et leurs proches mangeront à leur faim. Ça changera pour eux seulement. Pas pour les populaces laborieuses du bled.
Halte! Ne poussez pas l'impulsif Pharaon du CNDD à fomenter les sélections législatives avant les présidentielles. Ça va certes dégager des majorités ethniques dans le bled et dans l'hémicycle. Mais cela n'améliora pas le quotidien des populations encore moins émancipera l'économie du pays.
Un patron politique qui est sûr de la mobilisation de ses clients doit avoir pour ambition d'approcher au moins le trône. L'opposition qui se contente de soutirer des morceaux de gigots dans la marmite parlementaire pour se nourrir et nourrir ses avortons, c'est la merde. L'autre n'a eu cesse de répéter que l'opposition doit vouloir gouverner.
Il reste menaçant qu'aucun récipiendaire dépité par une sélection législative ne sera à l'abri de poursuites pour un détournement de deniers publics lors du défunt régime de Lansana Conté. Pour menace: "Tous les voleurs, fussent-ils des chefs de partis ou membres d'organisation protégés par le sceau de l'immunité doivent rendre des comptes." Absolument. Sang pour sang d'accord. Autre nouveauté : "Personne ne sera désormais au dessus de la loi en Guinée!" Hâman Claude Goliath Pivi Togba, le chargé de la sécurité du Pharaon du CNDD et qui a à son actif plus de 350 massacres de poulets à la Camayenne ne serait-il pas, lui, au dessus de la loi au bled? Pourtant le souhait des familles éplorées des victimes est de voir Hâman Claude Goliath Pivi Togba traduit en justice s'il n'est pas vraiment au dessus de la loi.
Et puis il ne faut surtout pas oublier les massacrés des événements de janvier et février 2007. Les coupables gambadent l'arme aux poings dans les bataillons des camps militaires Alpha Yaya Diallo et Samory Touré. Ils sont même maintenant les protégés du Pharaon du CNDD. Didon! Où est la justice dans ça?
Comme vous considérez le Pharaon du CNDD comme un mec aux mains propres. Qu'il nous fasse un détail de sa gestion du carburant au camp Alpha Yaya. Et jusqu'à ce jour il n'a pas voulu faire une déclaration publique de ses biens. Sa douce et solide moitié non plus. Tout est opaque, sombre, ténébreux autour du Pharaon. D'où a-t-il puisé magot qu'il a distribué aux dignitaires religieux au grand dam des miséreux du bled ?
Didon! L’on ne peut pas faire ce que vous nous demandez sur le net. A savoir soutenir aveuglément "les nouvelles autorités guinéennes" et en leur demandant de "poursuivre l'éveil de la Guinée-nouvelle! Le soleil de la dignité l'accompagnera." Didon! De quelle dignité s'agit-il encore dans cette nouvelle affaire là ?
C'est facile de se carrer dans son salon pour chantonner sur la dignité. Donnez d'abord à manger aux populaces. Assurez-leur le salaire mensuel, l'eau potable, l'électricité, les soins, l'éducation et l'instruction à l'école. Bitumez et goudronnez les routes. Ensuite seulement l'on dissertera sur la dignité. Par ailleurs l'on refuse ca-té-go-ri-que-ment de pomper le Pharaon et son CNDD. C'est sur conseil bien sûr de Guizot : "Fréquemment déplacé, le pouvoir absolu a toujours obtenu un asile, un trône." ça vous rend furieux? Hein ! Pas de pétoche. Vous aurez toute la latitude de relancez prochainement vos poings de vue massues.
Le net est fantasmatiquement ouvert aux accrochages des idées. Il vous illusionne et vous affiche gratis. Ça vous monte dans la tête et vous vous croyez connus de tout le monde au pays et même ministrables. Et vous vous illusionnez à croire que tous les politicards au bled ne valent pas un clou et que c'est vous qui valez un pet de lapin.
Afakoudou! Vous vous trompez lourdement. C'est un insignifiant nombre de personnes, incapables de peser dans l'opinion public guinéen, qui surfent, de temps en temps, pour se détendre. Vous n'êtes pas des héros de l'opinion là-bas. Les populations ne connaissent même pas que vous existez individuellement parlant. Grosso modo, elles savent que des diaspourris triment à l'étranger et cherchent à réussir leur retour au bercail. C'est tout. C'est pourquoi notre propos dans le débat politique doit être dépouillé de toute arrière pensée et malveillance.
Portons donc le débat haut.
L'on sait que le régime politique guinéen comme c'est le cas dans la plupart des anciennes colonies françaises est un régime présidentiel. La Guinée d'aujourd'hui est héritière de la constitution de 1958. Et au regard de la dégradation de la situation économique, sociale, l'on a besoin d'un chef d'Etat responsable, capable de chercher et de trouver impérativement des solutions.
Et les leaders politiques guinéens et les chefs de mamaya se connaissent entre eux. Jean-Marie Doré de l'UPG, Alpha Condé du RPG, Bâ Ousmane de l'UPR, Cellou Diallo de l'UFDG, Pascal Tolno du PPG, Mansour Kaba, du parti Djama, Ibrahima Condé de quel parti encore, Diahannama Kouyaté, Dindon Souaré, deux anciens "pagailleurs" de la Primature, Lamine Sidimé ex nasilleur des "Considérant" à la Cour Suprême, l'hésitant François Loucény Fall à se jeter dans la guéguerre politique, et quels autres conteurs de sornettes politiciennes savent pertinemment, au tréfonds d'eux même, que dans la situation catastrophique actuelle de la Guinée, aucun d'eux n'est l'individu qu'il faut porter au pouvoir à travers des élections libres et démocratiques. Le capable est Sidya Touré.
Que la télévision nationale s'amuse à organiser dores et déjà un "face à face" télévisé et en direct entre tous les aspirants à la magistrature suprême. Et l'on verra qui est garçon entre eux. En tout cas avec Sidya, l'on évitera l'ethnocentrisme, le copinage, la débrouillardise, l'incompétence, le pouvoir voyou et délinquant, l'impunité, le laisser-aller dans les affaires de l'Etat. Il y aura avec lui un véritable respect de la séparation des pouvoirs. Il saura les limites de son pouvoir, et ne va pas outrepasser ses compétences. On le croit fermement.
Ah! Non, en démocrate convaincu l'on n'est pas en train d'élire déjà Sidya "sans urne, ni élection." L'on est d'ailleurs foncièrement contre un tel parachutage au pouvoir. L'on essaie simplement d'insinuer que dans des sélections présidentielles démocratiques, Sidya Touré fera l'unanimité autour de sa candidature. Maintenant s'il traîne des casseroles dans des détournements de deniers publics, fournissez les preuves sur internet et incitez le Pharaon du CNDD à l'embastiller comme il se substitue maintenant à la justice.
Didon! Il s'agit du devenir de toute la Guinée et non d'une poignée de gens.
Bouclons temporairement la causerie en rappelant à Moïse Dadis Camara que sa véritable place se trouve dans l'armée et non pas dans la politique. La communauté internationale est prête à débloquer la somme nécessaire pour l'organisation des présidentielles. Sékou Ben Sylla du CENI le sait. Mais si le Pharaon s'entête à garder longtemps le pouvoir, longtemps il aura du mal comme c'est le cas actuellement à payer les fonctionnaires guinéens. Et la rue finira encore par se survolter. Et au finish, lui qui est entré par la petite porte de l'histoire en Guinée se verra défenestrer. Qu'il organise alors les présidentielles et retourne vite dans les rangs. A vos fureurs. Boom!
Benn Pepito
pour www.guineeactu.com